les huttes de sudation ( sweat lodges) : un moyen de purification et de reliance
Avec le renouveau du Chamanisme dans nos contrées et des rituels qui lui sont attachés, la pratique des huttes de sudation ( sweat lodges) se répand de plus en plus.
Cette pratique ancestrale et naturelle est commune à toutes les cultures. Autrefois nommée chaudron par les celtes, Temezcal par les mayas ou thermes par les romains, elle subsiste encore aujourd'hui sous différents noms dans certains cultures : Hammam dans les pays du maghreb, Mushi-buro pour les japonais ou Sauna chez les finlandais.
Il est donc important de se rappeler qu'une Hutte de sudation ( sweat lodge) est un lieu sacré de prière et de purification, à ne pas confondre avec un sauna tels qu'on en trouve aujourd'hui dans nos villes et dans nos cures thermales.
Entrer sous la hutte et s'asseoir à même la terre, c'est se plonger au sein de la terre mère. Le rituel qui l'accompagne est précis et issus de traditions millénaires qu'il importe de respecter pour rentrer pleinement dans l'espace du sacré.
sweat lodge Crow
White Bird, de tradition sioux, en dit ceci : " La hutte peut impressionner, car nous sommes dans le noir, avec juste la lumière dégagée par les pierres chauffées au rouge. La vapeur peut faire peur, car elle nous prend d'un coup. C'est la condition de la purification qui est le cadeau de la hutte. Purification du corps, car nous suons abondamment nos toxines, purification de l'âme, car nous retournons nous blottir au sein de la terre, purification de l'esprit, car nous nous relions au monde qui nous entoure et à l'Esprit.
Quand on y pénètre, on retourne dans le ventre maternel, que ce soit celui de sa propre mère ou celui de
Au milieu de la hutte, on creuse un trou qui est le centre de l'univers où demeurent les esprits. C'est là que vont être déposées les pierres qui sont chauffées à blanc dans un feu à l'extérieur. Ces pierres représentent les ancêtres. Lorsque nous les choisissons, ce ne sont que des pierres ordinaires; mais par la suite elles sont bénies, et nous leur transmettons le respect que nous témoignons à nos ancêtres. Dès lors, toute manipulation de ces pierres doit être accomplie avec le plus grand soin, le plus grand égard. La personne qui a la charge du feu et qui apporte les pierres chauffées à l'entrée de
La porte de
Lorsque celui qui dirige
Tant que l'on est dehors, c'est bien de rire et de parler, mais quand vient le moment d'entrer, il faut laisser ce que l'on sait à l'extérieur de la porte, sur l'autel: oublier la religion, la politique, ses soucis quotidiens, ses préoccupations immédiates. Lorsque l'on entre, on entre pour se purifier, pour prier humblement ‑ pour soi et pour les autres. On peut être facilement distrait par la présence des différentes personnes; c'est la preuve que l'on n'est pas prêt, que notre esprit est ailleurs. A l'intérieur, on doit montrer du respect pour toute la création, y compris pour celui qui est assis à côté de nous. Les ancêtres ‑ les pierres ‑ ne sont pas introduits au centre seulement pour soi ou pour quiconque en particulier, mais pour tout le monde à la fois.
Les quatre portes
Quand les participants sont assis, on apporte les pierres. Elles sont introduites en quatre étapes successives. Quatre fois la porte est ouverte, à quatre reprises
La première porte est pour notre physique, pour nous‑mêmes. Elle correspond au premier cercle qui entoure la structure de
La seconde porte est pour notre mental (de même le second cercle symbolise le monde mental). Cette étape doit nous permettre de comprendre et d'accepter ce que nous sommes en train de faire.
La troisième porte est pour nos émotions, qui nous ouvrent aux pouvoirs purificateurs. Avec elle, nous réalisons le sens de la prière et son importance pour renaître ensemble. Il fait de plus en plus chaud dans
La quatrième et dernière porte est pour la spiritualité. On prie maintenant avec les quatre composantes de son individualité, le physique, le mental, l'émotionnel et le spirituel, comme un être complet. Cette porte est celle de la compréhension et de la reconnaissance du mystère de la vie. Lorsqu'elle sera ouverte, on sortira en pleine lumière aussi neuf qu'un nouveau-né. Elle est liée au dernier cercle situé au sommet, là où sont enroulées les offrandes de tabac. Vu du dessus, le sommet de
Lorsque l'on sort de
dessin de Pascal Cavin ( home.page.ch/
Quant aux pierres, on doit les sortir du trou dans lequel elles ont été déposées. On les place autour du foyer qui a servi à les chauffer, le long du chemin qui mène à la hutte et autour de celle-ci. Elles ne doivent jamais servir deux fois, mais « gardent »
Extrait de : White Bird, Indien par le sang, Américain par la loi. L'itinéraire d'un jeune sioux d'aujourd'hui, éditions Balland 1989
Si vous désirez participer à une sweat lodge fidèle aux traditions d'origine, il est donc important que tous les éléments énoncés ici soient respectés, en particulier le sens de rotation dans la hutte, l'utilisation unique des pierres et l'atmosphère de recueillement et de prière qui doit y régner. Plusieurs huttes vous seront proposées cette année, par l'intermédiaire de ce site, par des officiants qui s'inscrivent dans ces traditions.
Bonne huttes à tous,
Patrick - 06 62 70 93 41

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